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1. Démonimation

République de Madagascar

2. Drapeau 

3. Hymne national

4. Président

2002 - : Marc RAVALOMANANA

5. Capital

Antananarivo

6. Géographie

 

 

Madagascar, appelé «Ile Rouge» en raison de la couleur de sa terre latéritique, se situe dans la région tropicale de l'hémisphère sud, entre 11° 57’et 25° 30’ de latitude sud et entre 43° 14’ et 50° 27’ de longitude est. A cheval sur le Tropique du Capricorne, et se trouvant dans le sud-ouest de l'Océan Indien, Madagascar est séparé de la côte sud-est de l'Afrique par le Canal de Mozambique. Avec ses 587 051 km² de superficie, Madagascar, quatrième Île du monde après le Groenland, la Nouvelle-Guinée et Bornéo, est considéré comme un sub-continent. L'Île, plus grande que le Royaume-Uni (253 000 Km2) ou la France (549 000 Km2) ou encore l'Allemagne (357 000 Km2), s'étend sur une longueur de 1 600 kilomètres entre le Cap Sainte-Marie au sud et le Cap d'Ambre à l'extrême Nord, et sur près de 570 kilomètres dans sa plus grande largeur. Elle possède plus de 5 000 kilomètres de côtes, bordées à l'Ouest par le Canal de Mozambique et à l'Est par l'Océan Indien.

 

7. Climat

 

 

Madagascar a un climat tropical divisé en saison sèche (avril - septembre) et saison de pluie (octobre - mars).

 

Climat tropical d'altitude sur les Hautes-Terres : les saisons y sont bien contrastées et l'altitude tempère bien les excès du climat. En hiver, il n'est pas rare de trouver du givre et de la glace au petit matin. En été, la chaleur est importante mais supportable et les orages fréquents en fin de journée.

 

Climat tropical humide à l'Est : chaud et humide, la pluie y est omniprésente parce que cette province est encore en majorité couverte de forêts. La couloir de Traratanana confère à l'Île de Nosy-Be un climat du même type. La côte Est de Madagascar est fréquemment frappée par des cyclones pendant le mois de Février et de Mars. Ce phénomène concerne également les autres régions comme le nord et l'ouest de l'île.

 

Climat tropical sec à l'Ouest : les températures y sont plus élevées que dans l'Est et le temps généralement moins pluvieux. Il s'agit là d'un climat de mousson avec une saison sèche très marquée, propice au voyage.

 

Climat semi-aride au Sud : la saison sèche connue de Morondava à l'Androy peut durer jusqu'à 9 mois.

 

8. Organisation administrative

 

 

Le pays est organisé en six (6) Provinces Autonomes, subdivisées en vingt deux (22) Régions, cent onze (111) Districts et mille cinq cent cinquante huit (1558) Communes. Ces Communes urbaines et rurales sont constituées de dizaines de milliers de Quartiers, eux-mêmes subdivisés en Secteurs.

 

Voici respectivement la superficie de chaque province :

 

Provinces autonomes

Superficie (Km2)

    Antsiranana :

43 056

    Antananarivo :

58 283

    Toamasina :

71 911

    Fianarantsoa :

102 373

    Mahajanga :

150 023

    Toliara :

161 405

     Total

587 051

9. Population

 

 

La population malagasy est composée de plusieurs ethnies unies par une même langue officielle, le «Malagasy», avec ses variantes dialectales déterminées par la situation géographique, l'histoire et les fonds culturels.

 

Les 18 ethnies principales sont : les Antefasy –Farafangana- ; les Antemoro - Sud-Est de Manakara- ; les Antesaka -Sud-Est- ; les Antakarana -Ambilobe, Antsiranana- ; les Antambahoaka –Mananjary- ; les Antandroy (extrême Sud) ; les Antanosy (Taolagnaro) ; les Bara (d’Ihosy à Mandabe) ; les Betsileo (Sud du fleuve Mania et Mahatsiatra) ; les Betsimisaraka (d’Antalaha à Mahanoro - littoral est) ; les Bezanozano (Moramanga - région Mangoro) ; les Mahafaly (Ampanihy, Betioky) ; les Merina (province d’Antananarivo) ; les Sakalava (de Morombe à Analalava) ; les Sihanaka (Lac Alaotra) ; les Tanala ou Antanala (d’Ifanadiana à Iakora) ; les Tsimihety (la Sofia) ; les Vezo (Toliara).

 

Il existe des sous-groupes ethniques tels que : les Tanalana (chez les Mahafaly) ; les Sara (chez les Vezo) ; les Mikea (chez les Masikoro) ; les Zafimaniry (chez les Tanala) ; les Betanimena (chez les Betsimisaraka) ; les Zafisoro (chez les Antesaka).

 

La population de la Grande île était évaluée à 2 242 000 au début du XXe siècle, avec un faible taux de croissance de 1 % jusqu'en 1950. L'accélération de l'accroissement naturel est donc à Madagascar un phénomène relativement récent. Il atteint 2,2 % en 1966, 2,7 % en 1975 et est estimé à 2,8 % en 1993.

 

La population malagasy, qui était de 6 462 000 habitants en 1966 et de 7 603 790 en 1975 est passée à 12 238 914 selon le dernier Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH) de 1993. Elle est estimée à 18 866 000 en 2008 selon la projection de l'Institut National de la Statistique (INSTAT).

 

En ce qui concerne la répartition de la population, Antananarivo fournit 30% de la population de Madagascar. A ce titre, la province demeure la zone ayant la densité démographique la plus élevée. C’est la province de Fianarantsoa qui offre le second réservoir de la population avec 22%. Toliara et Toamasina ont la même part de population avec 15%. Enfin, Mahajanga et Antsiranana sont les lieux d’habitation de 15% et de 7 % des Malagasy.

 

La population malagasy est jeune car 56,6% ont moins de 20 ans. Notons que le pourcentage des personnes âgées de plus de 65 ans dans la composition de la population n’est que de 2,7%. Cette faible représentation des personnes âgées est le reflet d’une faible espérance de vie à la naissance (57,2 ans pour l’ensemble) : 56,3 ans pour les hommes contre 58,1 pour les femmes. On remarque également une nette parité entre hommes et femmes. En effet, on estime qu’il y a 99,8 hommes pour 100 femmes.

 

En raison de son insularité et de sa situation géographique éloignée des grands courants migratoires mondiaux, Madagascar a très peu d'échanges de population avec l'extérieur. Les effets des phénomènes migratoires internationaux y sont négligeables. Cependant, des communautés européennes, américaines, asiatiques, africaines et arabes se trouve également à Madagascar.

10. Aspects socio-économiques

 

 

a. Ménage malagasy

Le ménage malagasy est composé en moyenne de 4,9 personnes et le mariage coutumier monogame reste le plus fréquent avec 41,1 % des cas.

 

b. Santé

Selon l'Institut National de la Statistique de Madagascar (INSTAT), une femme malagasy donne naissance en moyenne à 5,2 enfants en fin de période féconde. Entre la période 1991-2003/04, pour 100 000 naissances vivantes, 469 femmes sont décédées d’une cause liée à la maternité. Ces femmes meurent lors de la grossesse, durant l’accouchement ou dans les 2 mois qui ont suivi la fin de la grossesse ou de l’accouchement.

 

La mortalité infantile, évaluée à 58 pour 1000 en 2003-2004 a fortement diminué depuis 1997, plaçant Madagascar au rang des pays d’Afrique Subsaharienne où les chances de survie sont parmi les meilleures.

 

Pour la population en général, la fièvre enregistre le taux d’incidence le plus élevé en matière de maladie déclarée avec 42,2 % des cas. Après la fièvre, les maladies diarrhéiques représentent 11,9 % des cas. (Source : INSTAT 2005).

 

Le VIH/SIDA est devenu une préoccupation nationale même si le nombre de personnes vivant avec cette maladie restent infime dans le pays : 59 sidéens et 226 séropositifs pour 218 310 personnes individus testés pour l'année 2003 selon le Laboratoire Nationale de Référence. A cet effet, des campagnes de sensibilisation sont menées un peu partout dans le pays. En 2003, le Ministère de la Santé et du Planning Familial a affiché un taux de prévalence de 1,1 % et le Gouvernement envisage de réduire ce taux dans les années à venir.

 

c. Education

La proportion d’individus de 6 ans et plus classés « sans instruction » atteint 35,2% en 2004 d'où une nette amélioration depuis 2002. A cet effet, le taux brut de scolarisation au niveau primaire s’est stabilisé autour de 122% entre 2002 et 2004, tandis que le taux net a enregistré une hausse et atteint 85,6 % en 2004 (Source : INSTAT 2004).

 

d. Chômage

En 2005, le taux de chômage à Madagascar est de 2,8%. Il est particulièrement élevé à Antananarivo. Ce phénomène se justifie par le fait que le chômage est un phénomène essentiellement urbain et se rencontre surtout dans la Capitale.

 

e. Pauvreté

En 2005, 68,7 % de la population malagasy vivent au dessous du seuil de pauvreté. La pauvreté est essentiellement un phénomène rural car quel que soit la province, le taux le plus élevé se rencontre toujours en milieu rural. Les provinces d’Antsiranana et d’Antananarivo enregistrent les taux de pauvreté les plus bas. Ceci s’explique d’ailleurs par l’intensité et la concentration des activités économiques dans ces régions. Antsiranana profite notamment des recettes des exportations, en particulier la vanille, et Antananarivo par la diversité des activités et l’implantation de différentes entreprises telles les zones franches.

 

f. Economie

Madagascar est un pays à vocation agricole : 3 ménages sur 4 pratiquent une activité agricole. Diverses cultures vivrières sont produites : le riz, le manioc, le maïs... Outre les cultures vivrières, le pays est également connu pour la production de certaines cultures d’exportation dont la vanille, le café, le girofle. La pêche, entre autres, la crevette constitue également une importante source en devise du pays. Pourtant, l’agriculture dont dépendent la majorité des Malagasy est rudimentaire, peu mécanisée et la superficie exploitée ainsi que le rendement obtenu restent encore très faibles. Sa part dans le PIB est encore très minime : environ 26 % en 2005. L'industrie reste peu développé dans ce pays à l'exception des entreprises franches qui sont en plein essor. En 2001, on comptait 308 entreprises franches employant au total 110 000 personnes, soit 1/4 de la main d'oeuvre du secteur secondaire. L'année 2002 est une année noire pour l'économie malagasy. La crise post-électorale a entraîné une paralysie totale de l'économie : fermeture de la plupart des entreprises franches, perte d'emplois, problèmes d'approvisionnement en énergie, baisse du nombre de touristes (61 674 en 2002 contre 170 208 en 2001 et 160 071 en 2000)... Le taux de croissance de l'économie a atteint son niveau le plus bas depuis l'indépendance (-12,7 %).Après la crise de 2002, la reprise de l'économie en général dont la production manufacturière dans la zone franche s'amorce dès la fin de la même année et s'amplifie en 2003. En 2003, la production manufacturière de la zone franche a enregistré une forte hausse de 77 %. Il en est de même pour les autres secteurs tels que le tourisme, le nombre de touristes arrivés à la frontière a également augmenté et atteint 139 230 en 2003. Le taux de croissance atteint respectivement 9,8 % en 2003, 5,3 % en 2004 et 5,1 % en 2005. En octobre 2004, Madagascar a rempli toutes les conditions requises pour atteindre le "point d'achèvement" et a bénéficié de l'effacement d'une importante partie de la totalité de ses dettes. Malgré cette reprise, en 2004 et 2005, l'économie malagasy a souffert de la hausse du prix du baril du pétrole qui a été amplifiée par une forte dépréciation de l'Ariary d'où une inflation à deux chiffres depuis 2004 : 13,8 % en 2004 et 18,4 % en 2005.Outre, la politique de redressement économique déjà inscrite dans le Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP), Madagascar dispose de plusieurs atouts qui devraient favoriser le développement économique rapide du pays entre autres :

 un territoire très vaste,

 un climat favorable,

 une faune/flore majoritairement endémique,

 un énorme potentiel en agriculture, élevage et pêche,

 un sous-sol regorgeant d’énormes ressources minières,

- une population jeune,

- des valeurs culturelles fortes et préservées.

11. Histoire

 

 

Andrianampoinimerina

 

I. LES GRANDES DATES DE L'HISTOIRE DE MADAGASCAR

 

Jusqu’au xixe siècle, la chronologie malagasy est très imprécise.

 

a. Histoire ancienne

Pendant quatre ou cinq siècles avant et après J.-C., peuplement de l’Île.

 

b. Moyen âge

Du ixe au xive siècle environ, pénétration arabe.La population malagasy est très divisées, en clans et tribus.

 

c. Temps modernes

xvie siècle

1500 : Découverte de Madagascar par les Portugais.

Milieu xvie siècle : Règne de Rangita.

Fin xvie - xviie siècles : Règnes des « Capétiens » de l’Imerina.

xviie siècle

1610-1685 (?) : Règne d’Andriandahifotsy

1643 : Fondation de Fort-Dauphin

1674 : Abandon de Fort-Dauphin

1675-1710 (?) : Règne d’Andriamasinavalona. L’Imerina divisée.

xviiie siècle

1712 : Ramaromanompo prend Fénérive et entreprend d’unir les Betsimisaraka.

1745 : Fondation de Majunga.

Vers 1750 : Andriamanalina, premier roi de l’Isandra

1787 : Andrianampoinimerina devient roi d’Ambohimanga

1794 : Prise de Tananarive par Andrianampoinimerina

d. Époque contemporaine

1810-1828

: Règne de Radama Ier.

1814

: Conquête du Betsileo terminée.

1817

: Traité anglo-malagasy. Prise de Tamatave

1822

: Conquête partielle du Menabe.

1824

: Conquête du Boina

1825

: Prise de Fort-Dauphin

1828-1861

: Règne de Ranavalona Ière.

1830

: Fondation de Fianarantsoa.

1840-1841

: Les Français à Nosy-Be. Protectorat dans le Nord-Ouest.

1845

: Ranavalona chasse les Européens.

1832-1878

: Jean Laborde à Madagascar.

1861-1863

: Règne de Radama II.

1864-1896

: Rainilaiarivony Premier Ministre.

1869

: La Reine Ranavalona II se convertit au christianisme.

1868-1881

: Codes des 101 et des 305 articles.

1877-1878

: Émancipation des esclaves mozambiques.

1883

: Guerre franco-merina.

1885-1895

: Protectorat français sur Madagascar.

1896

: Annexion de Madagascar.

1896-1905

: Gouvernement de Gallieni.

1946

: Madagascar, territoire d’outre-mer, représentée dans les Assemblée françaises. Création d’une Assemblée représentative.

1956

: La loi cadre institue un pouvoir exécutif élu.

Août 1958

: Voyage du Général de Gaulle

14 octobre 1958

: Proclamation de la République Malgache. Abolition de la loi d’annexion.

1960 (avril)

: Accord franco-malagasy sur l’indépendance.

       (26 juin)

: Proclamation de l’indépendance.

1961 (26 mars)

: Création de l’Union Africaine et Malgache (UAM).

1960-1972

: 1re République dénommée République Malgache : Président Philibert TSIRANANA

1975-1991

: 2e République dénommée République Démocratique de Madagascar : Président Didier RATSIRAKA

1993-jusqu'à ce jour

: 3e République dénommée République de Madagascar

Présidents :

- Albert ZAFY 1992-1996

- Didier RATSIRAKA 1996-2001

- Marc RAVALOMANANA 2002-jusqu'à ce jour

II. ORIGINES DU PEUPLE MALAGASY

 

Les débuts de l’histoire de Madagascar sont très difficiles à raconter, car les renseignements sont rares et incertains. D’abord, le sol n’a livré aucun squelette ou objet, preuves de l’existence d’hommes préhistoriques. A moins de futures découvertes, il semble donc que le peuplement de l’île date d’une époque assez récente. En outre, les premiers habitants, connus sous le nom de vazimba n’ont laissé que des traditions orales, des légendes : les plus anciennes, les Tantara ny Andriana eto Madagascar ne commencent qu’au xve siècle et elles ne concernent que le peuple merina. Andrianampoinimerina, vivant à l’époque de Napoléon, est moins connu que Charlemagne, qui régnait mille ans plus tôt.L’histoire de Madagascar ne commence qu’avec la venue des Européens, aux xvie-xviie siècles. Aussi, faut-il chercher dans la comparaison des coutumes locales avec celles d’autres peuples des indications sur le lointain passé des Malagasy.

 

III. LE PEUPLEMENT DE L’ILE

 

a. Les débuts de l’occupation de l’Île

Les premiers arrivants se sont installés en groupes isolés [clans] dans les plaines et les vallons de la côte Est, et peut-être du Nord-Ouest, où les poussaient les vents. Se disputant des terres, ils vivaient toujours en lutte, sur des hauteurs fortifiées, se nourrissant des produits de la cueillette, du tavy, de la rizière. Bientôt trop nombreux, ils gagnent, par mer ou par terre, les vallées de l’autre versant, mais ils n’ont guère les moyens de mettre en valeur ces régions immenses aux larges fleuves. Comme la plupart des peuples asiatiques, les premiers habitants de Madagascar ont eu peur de l’épaisse forêt de l’Est : ils ont hésité longtemps à monter la falaise boisée de l’Angavo d’accès difficile, sombre, qu’ils croyaient peuplée de génies malfaisants. Aussi ils ont dû utiliser les passages naturels que vous montre la carte du relief (seuils d’Androna, d’Ihosy).Les premiers siècles de l’histoire de Madagascar ont donc été une période de luttes, de vie primitive et rude, de déplacements continuels.

 

b. Le rôle des Arabes

Venus le plus souvent par l’Afrique et les Comores, les Arabes ont fréquenté, du ixe au xive siècles surtout, le Nord-Ouest, le Nord-Est et le Sud-Est de Madagascar. On a trouvé de nombreuses traces de leur occupation, notamment à Vohémar.Supérieurs par leurs armes et leur organisation, les Arabes ont :

1° fait connaître des pratiques nouvelles : commerce, esclavage, monnaies, calendrier, sikidy, écriture.

2° fourni à des clans malagasy, des chefs qui les organisent en tribus, étendent leur domaine grâce à la supériorité des armes. Des chefs Taimoro, qui ont commandé des Tanala, des Bara, des Betsileo, seront appelés en Imerina. Les peuples du Sud-Est et les Sakalava ont subi l’influence la plus profonde. Ces apports arabes paraissent avoir provoqué des déplacements nombreux.

 

c. Le peuplement des hautes terres

Il semble s’être réalisé en deux étapes ; pourtant les dates sont imprécises :1. Nous ignorons tout des premières populations qui sont installées dans l’Imerina et le Betsileo aux xiie et xive siècles. On les appelle les Vazimba.2° Puis des tribus d’origine malaise, probablement les dernières arrivées, franchissent la falaise boisée, soumettent les Bezanozano de l’Ankay et débouchent dans le pays découvert, l’Imerina. Par la force et surtout par l’habileté, ils réussissent à dominer ou à refouler les Vazimba : ainsi se forment les royaumes merina et betsileo.Le chemin de ces migrations est marqué par de nombreux vestiges (pierres levées, fortifications…).

 

IV. MADAGASCAR ET LA FRANCE AUX XIIe ET XVIIIe SIECLES

 

Les Français n’ont guère participé à la découverte de Madagascar, mais plusieurs navires ont visité l’Île au xvie siècle ; et, au xviie, c’est une Compagnie de Commerce Française qui fonde le premier établissement européen durable.

 

a. Fondation de Fort-Dauphin

La France avait besoin d’une escale vers les Indes avec lesquelles se faisait un grand trafic. Sur le conseil de marins qui fréquentait les côtes d’Afrique et de Maurice et qui avaient entretenu de bons rapports avec les Malgaches, le roi de France charge, en 1642, un navire de la Compagnie de l’Orient de « prendre possession de l’Île, de fonder des habitations et de pratiquer la traite (commerce) ». Le chef de l’expédition, Pronis, préfère vite à la baie de Sainte-Luce, malsaine la presqu’île voisine (Taolankarana) où il construit le Fort-Dauphin.Le Gouverneur Flacourt (de 1648 à 1655), est obligé de forcer les habitants à livrer des produits, surtout du bétail. Au cours de ces expéditions, il explore le Sud et l’Est de l’Île. Certains Français se mettent même au service de chefs de tribus, d’autres sont envoyés à la Réunion où il n’y avait pas d’habitants. Flacourt a écrit L’Histoire de la Grande Île de Madagascar, premier ouvrage sur le pays et qu’on lit encore avec intérêt. Les successeurs de Flacourt n’ont pas sa volonté. La Compagnie ne trouve pas dans le pays les richesses espérées ; les navires viennent plus rarement ; les colons se découragent. Fort-Dauphin est abandonné en 1674.

 

b. Les Français à Madagascar aux xviiie siècle

La Grande Île intéresse surtout : Les pirates, attirés par le riche trafic des Indes, établis à Sainte-Marie au début du siècle. Les colons français de la Réunion et de Maurice (appelés alors Bourbon et France), producteurs de sucre et de café et qui ont besoin de viande, de riz, qu’ils vont chercher dans les comptoirs établis le long de la côte Est (Foulpointe).Madagascar est ainsi négligée au profit des petites Mascareignes. Cependant, à la fin du siècle, des voyageurs s’enfoncent dans l’intérieur, traversent Madagascar de Tamatave à Majunga ; l’un d’eux, Mayeur, découvre avec émerveillement l’Imerina dont les habitants savent tisser le coton et la soie, travailler le fer, irriguer les rizières…

 

XI. GALLIENI A MADAGASCAR (1896-1905)

 

La colonisation de Madagascar par la France a été entreprise par Galliéni qui a pacifié, organisé et commencé à mettre en valeur tout le pays et non plus seulement l’Imerina.

 

a. L’anarchie en 1896

Le Gouvernement français a cru la conquête terminée par la prise facile de Tananarive, et il a laissé seulement quelques troupes autour de la ville. Des membres du Gouvernement malgache veulent profiter de cette faiblesse et déclenchent le mouvement « Fahavalo » anti-français. Cette révolte est favorisée par les esclaves libérés par la France et dont beaucoup vagabondent sans ressources. En dehors de l’Imerina, des populations se soulèvent contre les Merina (Betsimisaraka, Sakalava). C’est l’anarchie.

 

b. Galliéni

Paris nomme alors gouverneur général Galliéni, célèbre par l’œuvre de pacification qu’il avait déjà menée en Afrique et en Indochine. Le plan de Galliéni et de ses officiers (Lyautey) peut être résumé dans ces paroles : « Lancé à la pointe du jour pour conquérir un village rebelle… l’officier doit à midi avoir ouvert un marché sur la place où l’on s’est battu le matin et, le soir, y avoir ramené la population, gagné son amitié, le lendemain, établi une école. »

XII. LES MOUVEMENTS DE LUTTE CONTRE L’ORDRE COLONIALE

 

Ils se traduisent par le regret du passé, le refus des abus des colons et du nouvel ordre colonial. Les Malgaches refusent l’autorité du gouverneur, des chefs de provinces, de districts et de canton. Ils ne veulent pas être dirigés et gouvernés par les étrangers. En plus ils revendiquent le retour de la Reine.Ces mouvements se divisent en deux parties :- les luttes spontanées des Menalamba (1895-1898) et du Sadiavaha (1904-1905) et- les luttes organisées des Vy – Vato – Sakelika (VVS) (1913-1916), Jean Ralaimongo (1918-1929) et du Mouvement Démocratique pour la Renovation Malgache (MDRM).

 

XIII. LA REPUBLIQUE MALGACHE

Depuis 1896, Madagascar était administré par la France. En 1957, avec la Loi-Cadre, le premier Gouvernement Malgache est institué. Le 28 septembre 1958, la grande majorité de la population accepte de faire partie de la Communauté Française et, le 14 octobre suivant, les Conseillers de toutes les Provinces réunis en congrès extraordinaire proclament la République Malgache. Cette date a été choisie comme fête nationale.La Loi d’Annexion de 1896 est déclarée abolie le 15 octobre 1958. L’époque coloniale est terminée. La Première Constitution de la République Malgache est adoptée le 29 avril 1959.Le 1er mai 1959, Mr Philibert Tsiranana, Instituteur diplômé de l’Ecole Normale de Montpellier, est élu Président de la République et jure à Mahamasina, devant le Parlement et le Peuple, de respecter la Constitution. Le 26 juin 1960, un accord entre le Président de la République Malgache et le Gouvernement Français donne l’indépendance à Madagascar.

 

XIV. LES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS POLITIQUES DEPUIS 1989

 

Vers la fin du deuxième mandat Présidentiel de la deuxième République, l’Etat a procédé à la levée de la censure et a institué le pluralisme démocratique par la reconnaissance du multipartisme. Des partis politiques quittent le Front National pour la Défense de la Révolution pour protester contre la réélection du Président sortant et demander la mise en place d’un Gouvernement de transition chargé de préparer l’avènement de la 3ème République précédé d’un changement de la Constitution et d’une révision du Code électoral.Ce Gouvernement de transition fût institué par la Convention de Panorama du 31 octobre 1991. Il a été mis en place des Institutions de transition composées :de la Présidence sous la conduite du Président Didier RATSIRAKA,de la Haute Autorité de l’Etat présidé par le Professeur Albert ZAFYd’un Gouvernement conduit par un Premier Ministre investi d’un plein pouvoir etdu Comité de Redressement Economique et Social.Le Président de la République Didier RATSIRAKA est maintenu à la tête de la présidence.Le Professeur Albert ZAFY est nommé à la tête de la Haute Autorité de l’Etat tandis que le Gouvernement est dirigé par le Premier Ministre Guy Willy RAZANAMASY.Le Gouvernement de transition était chargé d’organiser les différents forums, de préparer l’élection présidentielle anticipée ainsi que l’avènement de la 3ème République.Le Comité de Redressement Economique et Social a été mis en place durant la transition afin de donner des avis consultatifs au Gouvernement, à la place de l’Assemblée Nationale dissoute.Une nouvelle Constitution issue de forums régional et national fut adoptée en septembre 1992. La Troisième République est née avec un régime de type parlementaire et un mandat présidentiel réduit à 5 ans renouvelable une fois.Sept candidats se sont présentés aux élections présidentielles de novembre 1992. Albert ZAFY fut élu au 2ème tour de cette élection en mars 1993 devant le Président sortant Didier RATSIRAKA.En septembre 1995, Albert ZAFY organise un référendum d’amendement de la Constitution pour revenir à un régime présidentiel.Après la motion de censure votée contre le Premier Ministre Emmanuel RAKOTOVAHINY, le Président Albert ZAFY nomme à sa place Norbert Lala RATSIRAHONANA alors Président de la Haute Cour Constitutionnelle.Suite à l’empêchement  voté contre le Président de la République ZAFY Albert, le Premier Ministre Norbert Lala RATSIRAHONANA fut désigné par la Haute Cour Constitutionnelle  Chef d’Etat et de Gouvernement en charge de préparer une nouvelle élection présidentielle anticipée.L’ancien Président Didier RATSIRAKA fut réélu Président de la République le  31 janvier 1997.En septembre 1998, il procède à un amendement de la Constitution instaurant les Provinces Autonomes et le changement du terme «pouvoir» en «fonction» de l’Etat.

 

XV. L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DU 16 DÉCEMBRE 2001

 

Les résultats de l’élection présidentielle du 16 décembre 2001 avec la participation de six candidats étaient controversés. Le 25 janvier 2002, la Haute Cour Constitutionnelle, dont le siége a été provisoirement transféré  à l’Hôtel Ermitage sis à Mantasoa, a ordonné dans sa décision, qu’il soit procédé à un second tour, aux motifs qu’aucun des deux candidats  n’ avait pas obtenu plus de 50 % des suffrages exprimés.Un mouvement populaire d’envergure nationale, sous forme de manifestation suivie d’une grève générale a réclamé la confrontation des procès-verbaux des résultats obtenus par les candidats dans les 16 000 bureaux de vote.Les partisans du candidat Didier RATSIRAKA se sont opposés à la tenue d’une telle confrontation, d’une part et d’autre part les comités de soutien partisans du candidat de Marc RAVALOMANANA ont organisé des manifestations de protestation contre la décision rendue par la HCC de Mantasoa.Le 22 février 2002, a eu lieu l’investiture de Marc RAVALOMANANA en tant que Président de la République de Madagascar, qualifiée à l’époque par la communauté internationale d’auto proclamation  extra constitutionnelle.Pour tenter de résoudre cette crise  post-électorale, les deux candidats réunis grâce aux bons offices du  Président du Sénégal, Monsieur ABDOULAYE WADE  et, sous l’égide de l’OUA en Avril 2002 à DAKAR ont signé un accord dit «DAKAR I». Aux termes de cet accord, il a été recommandé l’organisation d’un décompte contradictoire des résultats et  la tenue d’un second tour au cas où l’un des deux candidats  n’aurait pas obtenu plus de 50 % des voix ;La Chambre administrative de la Cour Suprême de Madagascar a, par son arrêt 04 du 16 avril 2002, annulé la nomination des membres de la Haute Cour Constitutionnelle ayant rendu la décision de Mantasoa. Cette décision fait suite à un recours intenté par un des candidats ayant postulé sa nomination au sein de cette haute juridiction. Les motifs d’annulation reposent sur le non-respect des règles de procédure applicable à la désignation des membres de la Haute Cour Constitutionnelle. Par cette même décision, la Chambre administrative a également réhabilité les anciens membres de la Haute Cour Constitutionnelle. La Haute Cour, après recomptage  des voix, a déclaré le candidat Marc RAVALOMANANA vainqueur à l’issue du premier  tour, en obtenant 51,46% des suffrages exprimés contre 35,90% obtenus par le candidat Didier RATSIRAKA.Après une seconde investiture en date du 6 mai 2002, cette fois-ci officielle, Marc RAVALOMANANA fut proclamé Président de la République de Madagascar.En réaction, le Président sortant et ses partisans ont décrété la transformation  des provinces autonomes en États fédérés alors que la Constitution interdit toute tentative visant en remettre en cause la forme unitaire de l’État et prévoit la peine capitale pour réprimer toute tentative de sécession. Des barricades accompagnées  de destruction de ponts et d’ouvrages publics dans un but de sabotage ont eu lieu un peu partout à travers l’Île.Toujours sous l’égide de l’OUA en juin 2002, une seconde rencontre tenue au Sénégal, appelée DAKAR II fut organisée dans le but de trouver une issue à la crise.Après la reconnaissance du nouveau régime par la Suisse, l’Allemagne, les États-unis d’Amérique et plus tard la France, le Président Marc RAVALOMANANA a mis en œuvre les mesures nécessaires au rétablissement de la sécurité et de l’ordre public sur toute l’étendue du territoire.Dépêché spécialement sur les lieux en juillet 2002, le Ministre des Affaires Étrangères, Dominique de VILLEPIN a exprimé la reconnaissance de l’État français envers le régime du Président Marc RAVALOMANANA.Sur terrain, l’avancée imminente de l’armée de pacification composée entre autres de réservistes a contraint le Président sortant Didier RATSIRAKA et ses proches partisans à quitter précipitamment le pays. Le démantèlement des barrages ne s’est heurté à des résistances majeures, sauf dans la partie Nord de l’Ile. La résistance dirigée par le Colonel Coutity s’est soldée par un échec ayant abouti à son arrestation et à sa traduction devant les autorités judiciaires. L’opération menée par l’armée de pacification a été considérée par la grande majorité de la population comme un acte de libération.

Le rétablissement du ravitaillement en carburant a permis le retour progressif à la normale, mettant ainsi fin à une situation de pénurie généralisée.

12. Plus d'informations sur Madagascar

 

   

 

 

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